Guide
Livre des recettes auto-entrepreneur : obligation et modèle
Publié le 19 juillet 2026 · Mis à jour le 23 août 2026
Par Augustin FOUCHERES, responsable de la publication
En bref
Tout auto-entrepreneur doit tenir un livre des recettes chronologique, mentionnant pour chaque encaissement la date, le montant, le mode de règlement et l'identité du client. Un registre des achats s'ajoute pour les activités commerciales de vente ou d'hébergement et pour une activité libérale bénéficiant de la franchise en base de TVA. Ces documents doivent pouvoir être présentés en cas de contrôle.
Le régime de la micro-entreprise est réputé simple, mais il comporte tout de même une obligation comptable incontournable : le livre des recettes. Voici ce qu’il doit contenir, qui doit en plus tenir un registre des achats, et comment le gérer sans y perdre de temps.
Pourquoi le livre des recettes est obligatoire
Contrairement à une idée reçue, la simplicité du régime micro-entreprise ne dispense pas de toute comptabilité. Tout auto-entrepreneur doit tenir un livre des recettes, qui recense chronologiquement l’ensemble des sommes encaissées au titre de son activité. Ce document doit pouvoir être présenté à l’administration en cas de contrôle. Il est distinct de la déclaration de chiffre d’affaires transmise à l’URSSAF, même si les deux doivent rester cohérents.
Ce que doit contenir chaque ligne
Pour chaque encaissement, le livre des recettes doit mentionner :
- la date de la recette ;
- le montant encaissé ;
- le mode de règlement (espèces, virement, carte bancaire, chèque) ;
- l’identité du client (ou une référence permettant de l’identifier) ;
- la référence de la facture correspondante.
Les recettes doivent être enregistrées dans l’ordre chronologique, sans blanc ni rature, ce qui exclut de le reconstituer a posteriori juste avant un contrôle.
Le registre des achats : qui est concerné ?
Une obligation supplémentaire s’applique aux auto-entrepreneurs dont l’activité commerciale relève de la vente de marchandises, de fournitures ou de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de la fourniture d’hébergement. Ces derniers doivent tenir un registre des achats. Service-Public précise par ailleurs qu’une activité libérale bénéficiant de la franchise en base de TVA doit tenir un registre annuel détaillant les achats de biens et de services. L’obligation ne peut donc pas être écartée au seul motif que l’activité est une prestation de services ; il faut vérifier sa nature et son régime de TVA.
Un modèle simple à suivre
Le livre des recettes peut être tenu sous format électronique, à condition que les écritures enregistrées ne puissent plus être modifiées. Un tableur n’est adapté que si le dispositif de verrouillage ou de traçabilité garantit cette exigence, en plus de l’ordre chronologique, de l’absence de recette omise et de la cohérence avec les montants déclarés à l’URSSAF. Ces montants doivent d’ailleurs être calculés sur le chiffre d’affaires encaissé, ce qui est détaillé dans le guide sur la déclaration de chiffre d’affaires à l’URSSAF.
Combien de temps conserver ces documents
Le livre des recettes, le registre des achats le cas échéant, et l’ensemble des factures et justificatifs qui s’y rattachent doivent être conservés plusieurs années, y compris après la cessation d’activité si celle-ci intervient. En cas de contrôle, l’administration peut demander ces documents sur des exercices déjà clos : les ranger au fur et à mesure, plutôt que de les reconstituer après coup, évite bien des mauvaises surprises. Conserver une copie numérique, en plus du support papier éventuel, facilite aussi les échanges avec votre expert-comptable.
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
Trois erreurs reviennent souvent chez les auto-entrepreneurs qui découvrent cette obligation en cours d’année : mélanger recettes professionnelles et mouvements personnels sur le même relevé, ne pas indiquer clairement le mode de règlement, et attendre plusieurs mois avant de mettre le livre à jour. Un livre des recettes tenu au fil de l’eau, encaissement après encaissement, reste toujours plus fiable qu’un livre reconstitué en une seule fois avant une déclaration.
Centraliser les pièces qui accompagnent votre suivi
Fusion Compta ne remplace pas le livre des recettes. L’application sert à photographier ou importer les factures et justificatifs, à en vérifier les données extraites et à conserver des pièces organisées dans un espace commun. Retrouvez également nos outils gratuits pour vérifier vos seuils et vos cotisations.
Questions fréquentes
Le livre des recettes est-il vraiment obligatoire ?+
Oui, sans exception. Tout auto-entrepreneur, quelle que soit son activité, doit tenir un livre des recettes recensant chaque encaissement. C'est une obligation légale, distincte de la déclaration de chiffre d'affaires à l'URSSAF.
Que doit contenir chaque ligne du livre des recettes ?+
Pour chaque encaissement : la date de la recette, son montant, le mode de règlement (espèces, virement, carte, chèque) et l'identité du client, ainsi que la référence de la facture correspondante. Les recettes doivent être enregistrées de manière chronologique et sans blanc ni rature.
Qui doit aussi tenir un registre des achats ?+
Les auto-entrepreneurs exerçant une activité commerciale de vente de marchandises, fournitures ou denrées, ou une activité de fourniture d'hébergement, doivent tenir un registre des achats. Service-Public prévoit aussi, pour une activité libérale bénéficiant de la franchise en base de TVA, un registre annuel détaillant les achats de biens et de services.
Un tableur suffit-il ou faut-il un logiciel dédié ?+
Le support peut être électronique, mais les écritures enregistrées ne doivent plus pouvoir être modifiées. Un simple tableur sans verrouillage ni traçabilité ne suffit donc pas à lui seul ; le dispositif retenu doit aussi respecter l'ordre chronologique et les mentions obligatoires.